| Qualité nutritionnelle : ni carences ni surcharge |
|
Quelle peut être la relation entre qualité nutritionnelle et bien-être animal ?
Dans les sociétés occidentales industrielles,
l'excès de certains aliments semble être à l'origine de
nombreuses maladies graves.
Qu'est-ce qui est plus sensé et utile :
- modifier la chair et les gènes des
animaux ?
- ou mettre un peu moins d'aliments "gras" dans l'assiette ?
La première priorité d'hygiène de vie serait de bouger davantage. |
Chacun doit avoir accès à une nourriture saine et suffisante en
quantité et en qualité. C'est le sens premier du terme "sécurité
alimentaire".
Les maladies liées à une alimentation mal équilibrée augmentent en
flèche, non seulement dans les pays riches, mais aussi dans les pays
en développement: diabète, obésité, maladies cardio-vasculaires,
cancers.
Quels aliments aggravent les risques ? Quels aliments
protègent ? Attention ! Dans ce domaine, les
intérêts économiques sont très forts et
très influents.
Le lait est enrichi de toutes sortes de qualités nutritionnelles, au point que le rayon lait devient une caricature du marketing santé des multinationales.
La recherche
sur les effets de l'alimentation sur la santé découvre
sans arrêt de nouvelles perspectives, et remet souvent en
question les recommandations antérieures.
Aujourd'hui les recommandations en matière d'acides gras
atteignent une complexité telle que peu de gens s'en sortiront.
Les proportions recommandées deviennent affaire de
spécialistes : les divers acides gras
saturés, les mono-insaturés, et les divers
polyinsaturés avec nouvellement le rapport des
omega-6 aux omega-3 (rapport qui doit être bas). Or
l'absorption peut varier selon le contexte. Les recommandations sont
basées sur des études épidémiologiques
difficiles à mener avec précision. On peut s'attendre
encore à bien des nouveautés et des changements.
Par ailleurs on connait mieux les mécanismes de régulation de
l'organisme, par exemple pour le cholestérol : autant
l'absorption que le métabolisme et la synthèse du
cholestérol obéissent à une régulation
complexe. L'équation simpliste "absorption de
cholestérol = maladie cardiovasculaire" est
dépassée, ou plutôt : elle concerne une fraction de
la population. - Aujourd'hui les acides gras "trans" , provenant
surtout de transformations industrielles, sont aussi au pilori.
Le problème de l'obésité qui augmente dans le
monde, se pose
avec acuité. Elle va de pair avec l'augmentation de la
consommation de produits d'origine animale, de graisses
saturées, de sucres, d'aliments raffinés. Les adultes
deviennent plus facilement obèses s'ils ont été
sousalimentés durant l'enfance. Mais l'obésité
garde encore des mystères. L'évaluation des risques
pour la santé et les conseils donnés deviennent plus
nuancés que par le passé. Bref, la science a encore du
travail !
La recherche est
essentielle. Mais elle aussi peut être financée,
téléguidée, ou exploitée par des
filières. Elle peut rétablir des
vérités oubliées. Elle peut relativiser certaines
peurs.
Les intérêts économiques ne sont jamais loin, dans
le bon sens ou dans le mauvais sens. La
médiatisation conduit à des phénomènes de
mode. Qu'est-ce qui est à
prendre, qu'est-ce qui est à laisser?
La complexité de notre organisme dépasse
ce que l'on imagine. Régulation du métabolisme,
interaction des hormones, détermination physiologique du poids,
flore
digestive... tout varie d'un individu à l'autre. Cela
dépend des gènes, du mode de vie, de l'environnement.
Les uns supportent les
graisses et les sucres sans problèmes de santé, les
autres développeront des maladies. Le monde est injuste.
Mais le vécu et les choix d'une nourriture sont aussi la
richesse d'une personnalité unique au monde qui est en
interaction avec des aliments reflétant des ambiances, des
souvenirs, et une certaine poésie. Une chose est sûre : une
certaine dose d'exercice physique a un effet bénéfique
tout à fait primordial.
Le marketing
de l'industrie agro-alimentaire exploite de plus en plus des
arguments de santé (alors que par ailleurs souvent elle s'en moque). En effet, le marché de l'alimentation
est saturé, et notamment le marché européen de la
viande. Les
Européens peuvent difficilement manger encore plus de viande !
Au contraire, ils réduisent leur consommation, en particulier
pour des raisons de santé. L'industrie cherche donc de nouveaux
produits avec une meilleure valeur ajoutée. Pour cela elle
exploite la peur d'éventuelles carences et la peur des
maladies. Certaines filières disposent de moyens importants pour
la
communication, qui est d'ailleurs bien subventionnée aux
échelons régionaux, nationaux, et européens.
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Dans les écoles
"Sur
150 documents pédagogiques sur l'alimentation adressés
aux écoles, 111 sont issus de l'industrie agro-alimentaire ! ....
Les lobbies des industries agro-alimentaire s'exprimant très
fortement au Parlement, les mesures les plus drastiques n'y ont pas
toujours été prises..."
Source : Valeurs mutualistes
n°240 nov/déc 2005
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Peurs alimentaires:
des conséquences pour les animaux
La
médiatisation conduit à des phénomènes de
mode. Or ces phénomènes de mode peuvent laisser de
profondes traces au niveau de la sélection et de
l'élevage des animaux destinés à la consommation.
C'est le cas de la peur des graisses. Donc, la viande doit
être maigre ; en tout cas, la graisse ne doit pas être
visible. Cet objectif détermine des contraintes :
- pour la
sélection génétique des animaux (chez les porcs cela a conduit à des problèmes cardiaques),
- et
sur l'alimentation, notamment au stade de finition des animaux (rationnement des porcs). |
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La peur des graisses est à relativiser.
La viande est louée pour sa teneur en protéines, en fer, zinc, sélénium, et en vitamines B.
Mais la viande en général et les graisses d'origine animale en particulier ont aussi la réputation d'être mauvais pour la santé.
Il y a là de vrais constats mélangés à des conséquences qui semblent un peu irréfléchies.
Tout est une question d'équilibre. Tout est une question d'individu.
La consommation de graisses est bonne pour la santé dans la mesure où
-
l'activité physique dépense les calories ingérées
-
le pourcentage de lipides dans
la ration reste dans une certaine limite ; or l'estimation de
cette limite évolue. Ainsi elle a passé de 30
à 35 % des calories consommées.
Décidément "ça dépend" ! (En effet,
certains mécanismes de régulation de l'organisme sont
encore mal connus : comment réagit le corps à des
périodes de faim ? qu'est-ce qui pourrait détraquer ou
désorienter ses capacités de régulation ?)
- la composition de ces graisses est équilibrée respectivement le métabolisme interne est bien régulé.
- La ration est équilibrée, diversifiée et saine, notamment au niveau des sucres
- le métabolisme individuel
ne présente pas de prédisposition à des maladies
particulières (hypercholestérolémie,
athérosclérose,
diabète, obésité....)
C'est une erreur
d'imaginer que la graisse dans le corps serait le reflet fidèle et
proportionnel des graisses ingérées. Les graisses rencontrées dans le
sang et dans les tissus sont le
résultat de transformations et de systèmes de
régulation, et ceci avec de grandes variations individuelles.
C'est une simplification de
croire que les graisses végétales sont des acides
gras mono- et poly-insaturés et bonnes, et que les acides gras
d'origine animale sont saturés et mauvaises.
Certains supportent très bien de manger de grandes
quantités d'acides gras saturés et de cholestérol
(les deux sont en effet présents dans les graisses animales),
d'autres supportent très mal d'en manger même des
quantités modérées. En effet, c'est l'organisme lui-même qui
décompose les graisses ingérées et qui
synthétise ses réserves (tissu gras) et ses lipides
cellulaires et circulants.
Les acides gras saturés (qui ont la réputation d'être les 'méchants')
sont utiles pour fournir de l'énergie et pour construire les
membranes cellulaires, donc pour assurer le fonctionnement des cellules
du corps. Seuls certains parmi eux (les C12 et C14) sont
réputés responsables d'hypercholestérolémie
et d'artères bouchées : ceux-là sont
présents dans les graisses animales, mais en quantité
modérée, et aussi dans l'huile de palme. D'autres
sont neutres, ou ont un effet bénéfique ; ainsi
l'acide butyrique agirait contre la prolifération de cellules
cancéreuses.
Les acides gras mono-insaurés(surtout
huile d'olive, mais aussi 33 % des acides gras du lait ) sont
réputés hypocholestérolémiants. Ainsi le
régime méditerranéen, riche en huile d'olives, est
réputé sain.
Les acides gras désaturés peuvent être fabriqués dans le foie. Leur synthèse s'autorégule.
Certains acides gras polyinsaturés ne peuvent pas être farbiqués par l'organisme : ce sont les acides gras essentiels (dits oméga-3 et oméga-6).
Ils ont de multiples fonctions, essentielles pour l'organisme.
(reproduction, membranes cellulaires, régulation des lipides
sanguins, contrôle du saignement, action anti-inflammatoire,
présence dans l'oeil et le cerveau ...)
Ces acides gras essentiels qui se trouvent dans les membranes cellulaires, s'oxydent facilement, ce
qui les rend toxiques. La vitamine E, antioxydante, protège. Or
elle est présente dans les sources végétales de
ces graisses, mais pas dans les fameuses huiles de poisson.
Aujourd'hui les acide gras polyinsaturés à deux double
liaisons conjugués (dits CLA), présents dans la viande
bovine, font l'objet de recherches pour ses qualités
anticancéreuses in vitro. Source INRA
Le cholestérol est une
molécule très proche des lipides. Il est
élaboré dans l'organisme, et il est indispensable
à tous les tissus. Il est métabolisé en hormones,
en sels biliaires.... Il est indispensable pour les membranes
cellulaires. Il est transporté dans le sang, avec un
aller-retour entre foie et tissus : dans le foie il est
dégradé ou synthétisé. Une bonne
régulation de ce mécanisme est donc importante.
Manifestement, les hommes ne sont pas égaux dans ce domaine. -
Concernant l'ingestion de cholestérol, celui-ci est
présent dans les graisses animales à des taux plus
élevés que dans les graisses végétales. - A
titre d'exemple, il y a dans un jaune d'oeuf 250 mg de
cholestérol (0 mg dans le blanc d'oeuf), dans 100g de viande de
boeuf 68mg, dans du poulet 60 mg, du saumon 57 mg, et dans 100g
de beurre 255mg.
Source : Marlène Frénot,
Elisabeth Vierling : Biochimie des aliments. Diététique
du sujet bien portant, 2001
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L'oeuf est un aliment de haute qualité nutritionnelle et relativement bon marché.
C'est
une excellente source de protéines, très riche en acides aminés
essentiels. C'est une
source intéressante en calcium, en oligoéléments dont le sélénium, en
phosphore, en vitamine A et D, et en vitamines B (comparable à la
viande et le poisson).
Les lipides se trouvent surtout dans le jaune. Il y a certes du
cholestérol. Mais il y a davantage d'acides gras
monoinsaturés (50%) que saturés (<40%), et
des polyinsaturés (8-12% ; 2% sont à longue
chaîne carbonée (C20,C22).
Les protéines du blanc d'oeuf ont ausi des qualités
technologiques (tensio-actives, liantes, et gélifiantes).
Cela n'intéresse pas seulement la cuisinière mais
aussi et surtout l'industrie agro-alimentaire.
|
"La forte quantité
en cholestérol du jaune d'oeuf est trop souvent citée
sans nuance comme facteur d'hypercholestérolémie. Elle a
entraîné en France une limitation abusive de la consommation des oeufs ; d'autant plus qu'il s'y ajoute le préjugé de la non-tolérance du jaune d'oeuf par le foie.
Or, les troubles de la lipémie et les maladies
cardio-vasculaires sont davantage à mettre sur le compte du
déséquilibre de l'alimentation......
Sauf pour les sujets à risque
d'hypercholestérolémie (essentielle en particulier), la
consommation quotidienne d'un oeuf est bien tolérée.
L'absorption de deux oeufs par jour semble être la limite
à ne pas dépasser." (p.11)
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| Source : Elisabeth Vierling : Aliments et boissons, Filières et produits |
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Le lait, un aliment précieux - en particulier pour ses protéines
Le lait est un aliment de haute qualité
nutritionnelle, relativement complet, et relativement bon
marché. Les protéines du lait sont bien
digérées. Le lait contient plus de 60 enzymes.
Parmi les
lipides du lait il y a peu de cholestérol. - L'effet
bénéfique des divers yaourts et autres produits laitiers
fermentés est bien établi.
Les qualités nutritionnelles du lait en font "le plus complet des aliments", comme l'écrit le CIDIL* .
http://www.cidilait.com/index.php?id=262&i=1&j=0
*Créé
en 1981, le Cidil
(Centre interprofessionnel de documentation et d'information
laitières) est une filiale du CNIEL (Centre National
Interprofessionnel de
l’Economie Laitière), organe représentatif des
éleveurs laitiers (Fédération Nationale des
Producteurs Laitiers) et des industries de transformation
laitière de statut coopératif (Fédération
Nationale des Coopératives Laitières) ou privé
(Fédération Nationale de l’Industrie
Laitière)
Le lait est considéré comme la première source de Calcium.
Le Plan National Nutrition Santé recommande trois produits laitiers par jour.
http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/nutrition/sommaire.htm
Outre son intérêt nutritionnel de base, le lactoserum contient aussi des peptides dont les propriétés accompagnent la vie:
- anti-hypertenseurs
- hypocholestrolémiants
- antimicrobiens
- antioxydants
- et opioïdes
: ce sont les lactorphines qui se lient à des
récepteurs qui "sont trouvés principalement au niveau de
l’hypothalamus et du thalamus. Ils interviennent dans
l’analgésie et lors du relarguage de la prolactine et de
l’acétylcholine au cours de la régulation de la
motricité intestinale..." Source : thèse p.43, Samira Roufik, Université Laval, 2005
La question des intérêts économiques
Tout cela est bien beau. Mais ne soyons pas naïfs. Avec
l'industrie laitière nous avons affaire à la fois à des filières nationales et à des
multinationales extrêmement puissantes qui savent manier les
arguments nutritionnels selon leur intérêt.
Par ailleurs l'Union Européenne veut un secteur laitier
compétitif. Face à une production abondante, elle cofinance des campagnes de publicité pour
inciter notamment les jeunes à consommer lait et produits
laitiers.
C'est notre droit et notre devoir de poser quelques questions pour une approche lucide et indépendante :
- où s'arrête l'information nutritionnelle et où commence la publicité ?
- y a-t-il une seule bonne
recommandation nutritionnelle (avec beaucoup de produits laitiers), ou
plusieurs variantes valables (avec plus ou moins de produits laitiers) ?
- est-ce que notre système nutritionnel
occidental, à forte composition laitière,
génère de la souffrance (humaine et animale) ?
- va-t-on prendre en compte les
problèmes éthiques de la production laitière que
pose le modèle occidental moderne?
- comment faire évoluer ce modèle de production et de nutrition pour un développement durable ?
L'hypothèse avancée ici est la suivante :
On pourrait penser que l'argument de l'ostéoporose en tant qu'argument de vente a
été gonflé. Celui-ci a servi à
l'industrie pharmaceutique de vendre des traitements
hormonaux substitutifs aux femmes en cours de ménopause.
C'était un marché énorme pour l'industrie, donc il
fallait bien faire croire à la population que la
ménopause était une pathologie nécessitant l'achat
de quelque chose.
Les traitements hormonaux sont en perte de vitesse (leur danger s'est avéré). Les produits
laitiers profiteraient de l'argument de vente mis en place.
Le lait dénigré
La consommation de lait est par ailleurs contestée par certaines tendances de
médecines alternatives, qui accusent le lait d'être
responsable de
nombreuses maladies de civilisation : cancers, maladies autoimmunes,
maladies métaboliques... Ce sont des affirmations et des
hypothèses non
démontrées, qui concernent des pathologies complexes et
très diverses. - Mais trier les arguments supposerait des
compétences scientifiques à la fois très vastes et
très spécialisées.....
Le lait : cherchez l'erreur !
Le poids du lait dans notre alimentation est un fait sociétal.
Ce n'est pas à confondre avec une nécessité
biologique.
D'une manière générale il faut se méfier du
raccourci "c'est bon pour la santé, donc il faut en manger
davantage".
| Le lait - c'est d'abord pour les bébés ! |
conclusions
|
arguments |
Le lait de vache est fait pour le veau.
C'est le lait maternel qui est fait pour le bébé humain. |
Le Plan National Nutrition Santé comporte le document
ci-dessous avec l'état actuel des connaissances quant aux
bénéfices du lait maternel pour le bébé
humain. Les études démontrent ou suggèrent que le lait maternel a un effet
protecteur contre les infections, les allergies,
l'obésité, les risques cardio-vasculaires, et
certains mécanismes du diabète. Mais les
mécanismes d'action sont encore très insuffisamment
compris.
De toute évidence, le lait de vache n'a pas les mêmes qualités.
Le bébé, premier concerné :
Avantages du lait maternel pour la santé
(Plan National Nutrition Santé) |
Différences entre lait humain et lait de vache
Composition pour 100g
Source : Elisabeth Vierling : Aliments et boissons, Filières et produits, tableau 18 p. 34 |
|
on peut télécharger un excellent document
sur le site du PNNS
(Plan National Nutrition et Santé)
Allaiter,
selon le PNNS, site web
|
|
lait humain |
lait de vache |
| extrait sec (g) |
12,5 |
12,3 |
| matières grasses (g) |
3,5 |
3,3 |
| lactose (g) |
6,5-7 |
4,8 |
| sels (g) |
0,2 |
0,75 |
| matières azotées totales (g) |
1,2 |
3,5 |
| caséine (%) |
28 |
80 |
| sodium (mg) |
16 |
48 |
| potassium (mg) |
50 |
160 |
| calcium (mg) |
20-40 |
120 |
| phosphore (mg) |
15 |
90 |
|
|
| La consommation de lait à l'âge
adulte, et de surcroît celui d'une autre espèce,
correspond à une évolution récente dans
l'histoire d'une partie de l'humanité. |
Aucun autre mammifère que l'homme ne consomme du lait à l'âge adulte.
Aucun autre mammifère ne consomme le lait d'une autre espèce.
Les premières traces de consommation de lait proviendraient d'il y a 10- à 12 000 ans.
Sur d'autres continents, les éleveurs prélèvent
certes
un peu de lait de leurs vaches (chameaux, juments, chèvres...),
mais dans le cadre de modes d'élevage très
différents. (Sous réserve d'erreur,) les petits animaux
(vivants) n'étaient pas séparés de leur
mère ; celle-ci n'était traite que pour une partie du lait.
C'est dans la société occidentale que la production
laitière devint spécialisée et, finalement,
industrielle, avec la séparation industrielle du nouveau-né de sa mère.
|
Les effets bénéfiques du lait pour les adultes
Le principal argument mis en avant pour la
consommation de lait est sa teneur en calcium. Le calcium est essentiel pour la minéralisation de l'os, et pour sa résistance.
Un déficit
d'apport de Calcium expliquerait en partie un certain nombre de
fractures en relation avec l'ostéoporose.
Quel est le rôle des produits laitiers pour un tel effet préventif ?
On attribue aussi d'autres effets bénéfiques
au calcium : rôle protecteur cardiovasculaire, effet
contre l'augmentation des tissus gras et contre
l'insulino-résistance, effet hypocholestérolémiant
....
|
| Conclusions |
Arguments |
Une consommation élevée de lait ne prévient pas nécessairement l'ostéoporose.
|
Il y a de toute
évidence des cas d'ostéoporose chez des personnes dont
l'équilibre nutritionnel en calcium n'est pas à mettre en
doute.
En fait, les principaux facteurs de risque
reconnus sont d'ordre génétique (familial), et concernent
des maladies et traitements associés (corticoïdes), un
faible poids.... les carences pouvant être diffuses.
|
| Une consommation faible de produits laitiers ne provoque pas nécessairement de l'ostéoporose. |
Les femmes en Asie consomment peu de lait et présentent
moins de maladies cardio-vasculaires, moins de fractures liées
à l'ostéoporose, et moins de cancers du sein que les
femmes occidentales grandes consommatrices de lait.
Les Indiens Navajo ont un faible taux de fractures malgré une faible
consommation laitière. Leur apport en minéraux proviendrait de l'eau et
de l'adjonction de cendres de conifère Source: Bone-related mineral content of water samples collected on the Navajo reservation
Toxicology, Volume 149, Issues 2-3, 21 August 2000, Pages 143-148 Judith Hallfrisch |
Les apports nutritionnels de calcium conseillés
vont de 800 à 1200 mg/jour.
Il y a diverses souces de calcium, dont l'eau.
L'alimentation doit être équilibrée, diversifiée, et riche en fruits et légumes.
|
Ainsi l'eau peut (selon les régions ! pas partout)* apporter jusqu'à 80
% des besoins quotidiens en Calcium. Il est communément admis
qu'elle en apporte 25 %.
* eau minérale Courmayeur : 533mg/l
eau de Paris : en moyenne 800 - 1 000 mg/l
Ainsi on a mis en relation la teneur en
calcium des cheveux, la teneur de l'eau, et un effet
préventif cardio-vasculaire.
En dehors des produits laitiers ce sont les noisettes, amandes et
légumes secs qui en contiennent le plus, ensuite les oeufs
et le pain, mais aussi les autres fruits et légumes.
|
|
L'exercice physique est essentiel. |
Pourquoi a-t-on tellement insisté sur le rôle des produits
laitiers pour prévenir les fractures dues à
l'ostéoporose ? Il y a certes des études qui tendent
à le démontrer, mais il y a aussi des études qui
démontrent surtout le rôle promordial de l'exercice physique (surtout la marche et la course à pied) dans la prévention de l'ostéoporose et des fractures.
(N'oublions
pas l'intérêt du tonus musculaire, de l'agilité, de
l'équilibre... mais aussi le rôle de la prudence - et de
l'imprudence ! - bref, une hygiène de vie globale) |
Le bilan du Calcium dans le corps dépend de l'absorption intestinale, et de l'excrétion urinaire (et un peu sudorale).
De nombreux facteurs influencent absorption et élimination du calcium, et/ou agissent sur l'os (construction et résorption osseuse).
|
Le calcium du lait est réputé pour être très bien absorbé.
Mais le calcium de l'eau est aussi très bien absorbé.
Quant au calcium contenu dans les fruits et légumes : oui, il faut en manger beaucoup - ce qui, de toute manière, est bénéfique. Pensons au magnésium ! Il en faut, mais le lait en contient peu .
Il ne faut pas oublier le rôle déterminant de la vitamine D pour stimuler la construction osseuse.
Ainsi le Plan National Nutrition et Santé veut
prévenir les ostéoporoses (sources de fractures) chez les
personnes âgées. Le moyen préconisé est une supplémentation en vitamine D.
|
et le phosphore ?
le magnésium ?
et le fer ?
Toute absorption est relative ! |
L'absorption de
magnésium est freiné par l'excès de calcium ou de
phosphore. Or les trois sont essentiels, et les carences en
magnésium sont aujourd'hui fréquentes. Le lait contient peu de magnésium.
Le fer d'origine végétal précipite en présence de calcium.
Et des quantités d'autres facteurs jouent.
Notre organisme est étonnant ! Il s'en sort pas si mal.... |
| Et d'où vient le calcium du lait chez la vache ? |
Décidément, la vache peut
prélever le calcium dans le végétal, à
savoir l'herbe, (complété pour les fortes productrices
par des minéraux alimentaires). En tout cas elle n'a
pas besoin de boire du lait.... |
| Il n'y a pas que le lait pour répondre aux besoins nutritionnels ! |
|
Remettre le lait à sa place
L'homme est un omnivore qui
peut s'adapterà
des milieux et des alimentations très
divers. L'équipement enzymatique par rapport à la
digestion du lait varie selon les peuples, les individus, et
l'alimentation. Il peut se modifier en fonction de l'alimentation. Par
exemple en produisant des lactases pour digérer du lait. Des
fouilles
archéologiques analysant les restes des premiers paysans
montrent des signes de carences alimentaires. La vie était dure.
- Le lait de vaches domestiquées permettait de s'assurer un
aliment de haute valeur nutritionnelle, disponible tous les jours,
toute l'année, et avec des possibilités de conservation
remarquables (fromages). Certaines sociétés ont
développé cette souce de nourriture. Mais près de
75 % de la population mondiale sont intolérantes au
lactose, par "déficit" en lactase : leur capacité de
digérer du lait est restreinte.
Prétendre un "besoin" absolu en lait et en produits
laitiers à l'âge adulte semble être une conclusion pour le moins hâtive. Vu
les réalités de
l'évolution naturelle, c'est même inconcevable. Il y a une
erreur ! Tous les autres mammifères, une fois sevrés, se passent de cette source
de calcium et arrivent néanmoins à réguler
l'équilibre entre construction et destruction osseuse.
Pousser à
l'augmentation de la consommation de produits laitiers sous
prétexte de Calcium, parait tout aussi peu rigoureux.
De toute évidence, la consommation
élevée de produits laitiers dans les
sociétés industrielles occidentales ne nous a pas protégé
des maladies de notre civilisation (maladies vasculaires, cancers,
diabète, obésité...). Il est plus que douteux
qu'une consommation encore plus élevée de lait nous
protégera mieux. De là à préconiser
une consommation de produits laitiers modifiés, réduisant
les composantes à risque, augmentant les composants en mode
nutritionnelle, et développant de nouvelles
qualités.... n'est-ce pas pousser développement
et marketing un peu loin au service des intérêts
de l'industrie agro-alimentaire ? Ne serait-il pas temps de
réfléchir aussi sur COMMENT ce lait est produit
- et au prix de QUELLES SOUFFRANCES ?
Libéré du chantage nutritionnel, plus rien ne s'oppose
à modérer sa consommation de produits laitiers, tout en
veillant à l'équilibre alimentaire : bref, choisir la qualité avant la quantité. Et d'abord la qualité éthique.
|
Lait :
marketing santé illimité
Manifestement,
toutes les pistes sont bonnes pour faire des affaires. Le lait est
enrichi ou met en avant : des acides gras essentiels
oméga3, 10 vitamines, magnésium, vitamine D, calcium,
oligoéléments, fibres, une réduction en lactose....
|
Reconnaître la vraie valeur du lait, c'est aussi se souvenir de ce que notre société oublie:
le lait accompagne la vie naissante,
et la relation affectueuse entre une mère et son petit.
Il faudra prendre en compte cette réalité.
Ce sera long et difficile. |
|
|
retour
Cette relation peut jouer dans les deux sens :
1)Le mode d'élevage influence la valeur nutritionnelle des produits
Les effets des conditions d'élevage sur la qualité
nutritionnelle des produits d'élevage sont complexes et souvent
difficiles à mettre en évidence.
2)L'enseignement en vigueur au niveau
nutritionnel peut avoir un impact sur les conditions d'élevage et
le bien-être des animaux
En effet, les consommateurs sont très
branchés sur les allégations "santé". L'enjeu économique est énorme.
La
réputation de mauvaises graisses qui bouchent les artères
est insupportable pour un produit. Il faut donc adapter le produit et "communiquer" !
Par contre il est prometteur de
démontrer un risque de carence alimentaire que l'on propose de combler !
D'où un nombre très important de travaux qui portent sur ces sujets. |
Principaux nutriments concernés :
-
la teneur en graisse
-
la composition de ces graisses
-
vitamines, minéraux, oligo-éléments
- surtout pour le lait, on parle de
l'intérêt de certaines protéines
spécifiques, en particulier pour l'immunité
|
Facteurs qui influencent la qualité nutritionnelle
|
Conséquences et enjeux possibles sur le bien-être de l'animal
|
- Sélection génétique classique
- avec les outils de la génomique :
- soit pour repérer certains gènes intéressants ;
- soit pour manipuler les gènes
|
- sélectionner fortement sur un critère particulier (muscle maigre) peut induire des effets indésirables p.ex. des maladies
-
la manipulation génétique a des taux d'échecs énormes et produit
beaucoup d'animaux malades pour peu de "réussites" - c'est payer très
cher pour un mirage de valeur nutritionnelle dont l'utilité sociale
parait plus que douteuse.
--> le bien-être doit faire partie des objectifs prioritaires de la sélection
-->
les animaux qui servent à la sélection
doivent bénéficier d'une bonne santé et pouvoir
exprimer leur comportement naturel |
alimentation
|
1) cas d'une belle convergence entre alimentation "saine" et bien-être animal ; exemples :
- l'alimentation naturelle à base d'herbe, pour les bovins, améliore la nature des acides gras (lait et viande)
- l'élevage en plein air des porcs semble être favorable
- globalement, la correction de carences peut avoir un effet favorable sur la santé
2)
effet neutre : certains aliments "sains" peuvent être apportés dans tous les types
d'élevage, y compris dans les pires (p.ex. l'huile de lin, qui peut
être donnée aux poules en cages, aux porcs sur caillebotis, etc) ; même
l'herbe fraîche peut être apportée à des vaches qui ne voient jamais un
pré
3) l'effet sur le bien-être est négatif
lorsque la sélection pour une viande maigre favorise des
maladies. Il peut etre négatif lorsque les animaux sont
rationnés (porcs): ils
ne mangent pas à leur faim alors qu'ils sont
sélectionnés pour avoir
une faim intense et manger beaucoup ! L'aliment concentré, s'il ne
permet pas d'exprimer le comportement de recherche prolongée de
la
nourriture, conduit à une frustation intense. |
| l'âge et/ou le sexe de l'anmal |
On aura tendance à essayer de gérer
d'éventuelles différences en élaborant une
alimentation spécifique au type d'animaux. (p.ex. mâles /
femelles).
Les porcs non castrés ont une composition de graisses plus
intéressante que les castrés : si seulement on pouvait
mettre fin à la castration... quel progrès ce serait ! |
| le logement |
- pouvoir bouger semble bien avoir un impact favorable sur la
nature des muscles... même si la littérature semble peu
s'intéresser à cet aspect .
- des températures variables et notamment froides peuvent
augmenter le gras du porc : c'est le cas du plein air et des
bâtiments semi-ouverts, qui sont par ailleurs favorables notamment à la
santé des voies respiratoires
|
Quelques exemples
produit
|
enjeu santé et marketing
|
moyen
|
impact sur le bien-être
|
Oeuf : la composition était réputée stable, elle répond aux besoins du poussin.
Mais la composition des graisses peut être influencée. |
- mieux répondre aux
besoins nutritionnels,
- améliorer le profil lipidique de l'oeuf,
- augmenter la part des acides gras oméga-3.... |
1) l'oeuf pastoral sauvage aurait un profil nutritionnel beaucoup plus intéressant que l'oeuf actuel
2) l'alimentation des poules avec des graines de lin et un
complément alimentaire permettrait d'arriver à des
niveaux nutritionnels très élevés, comparables
à l'oeuf pastoral sauvage
Source : L'oeuf naturel
multi-enrichi: des apports élevés en nutriments,
notamment acides gras oméga-3, en vitaminees, minéraux et
caroténoïdes, J-M Bourre |
Ces travaux sur l'alimentation des poules s'intègrent dans la recherche d'une plus-value pour un oeuf "nutrition" issu d'élevages industriels en cages batteries.
C'est la politique du groupe Glon, empire de cages batteries.
Les produits alimentaires dits "naturellement riches" sont issus
d''une alimentation industrielle sophistiquée.
Cette dénomination favorise la confusion entre systèmes industriels et une alimentation vraiment naturelle de la poule.
Or "naturel" , au fond, voudrait dire que la poule cherche sa
nourriture (diversifiée !) dans la nature, dans un pré,
sous une haie... ce qui aurait un impact positif sur le
bien-être de la poule. Il faudrait alors (dans l'idéal) de petits troupeaux
vadrouillant sur de grandes surfaces végétalisées,
de préférence en alternant les parcours. |
Lait :
la composition des matières grasses et des
protéines peut être influencée par
l'alimentation. |
- améliorer
l'impact des graisses d'origine laitières sur la santé,
afin de ne pas perdre des débouchés par peur des
mauvaises graisses
- améliorer les qualités technologiques notamment fromagères
- contrôler, dans le cadre de la traçabilité, par
des analyses, quelle est l'origine du produit (p.ex. montagne) |
1) il existe des variations entre races bovines au niveau des quantités de graisses et de protéines
2)
- l'herbe, et surtout l'herbe jeune, enrichissent le lait en acides gras polyinsaturés
- l'addition d'huiles (lin, tournesol) peut enrichir le lait en acides gras polyinsaturés
|
Tout dépend de l'usage qu'on va faire de l'argument des acides gras poly-insaturés (oméga3 et 6) :
- la découverte qu'une alimentation naturelle, à base d'herbe,
est bénéfique pour la santé, et permettra de
promouvoir et de valoriser l'élevage au pré (du moins
faut-il l'espérer).
- mais la mise au point d'une alimentation par des concentrés, enrichis en huiles,
faisant un effet similaire, donnera des arguments nutritionnels
à l'engraissement intensif à l'auge, pas au pré.
- Cela permettra notamment de finir à l'étable des
animaux ayant pâturés auparavant. Durant la
dernière partie de leur vie ils seront privés de
pâturage, et leur alimentation sera enrichie en huile de lin pour
éviter que la teneur en acides gras oméga-3 ne baisse. -
Pour la production laitière, c'est semblable : le pâturage donne un lait plus riche en oméga-3..
On peut d'ailleurs s'étonner de cette recherchesur l'adjonction d'huiles,
à l'auge, et notamment d'huiles destinées à
courtcircuiter le rumen - les bactéries du rumen conduisent
à la saturation des acides gras désaturés.
(tiens.... est-ce que cela ne rappelle pas les
recherches sur l'adjonction de protéines pour les vaches
hyperproductives - une histoire qui a mal terminé ?)
Pour la noble cause de la science on a
été jusqu'à verser les huiles
directement dans le duodénum. - Hélas il se trouve que
les
acides gras polyinsaturés sont particulièrement sensibles
aux processus de peroxydation. Or le stress oxydatif est mauvais pour
la santé de ruminants (pour la nôtre aussi) : moindre
fertilité, baisse de
l'immunité, et diverses pathologies. De surplus,
cette oxydation des lipides donne une odeur de rance.
Revenons aux effets d'une alimentation à base d'herbe.
L'herbe produit les précieux acides gras dits oméga-3, et
un rapport bas (souhaitable) oméga-6/méga-3. Ces acides
gras sont bien protégés contre l'oxydation parce
que l'herbe contient aussi beaucoup de vitamine E qui est un
puissant antioxydant. Que la nature est bien faite!
Toute l'astuce, pour une alimentation industrielle à base de concentrés enrichis en huiles de lin et de tournesol (et pourquoi pas de l'huile de poisson ?),
sera alors de rajouter de la vitamine E ou toute autre
molécule à chercher et à trouver qui aura un effet
antioxydant. Bref, c'est une belle perspective pour
commercialiser encore quelques molécules avec profit ! Et , en
attendant, dépenser encore quelques budgets de recherches, au
nom de la "santé humaine".
Source : High-fat rations and
lipid peroxidation in ruminants: consequences on the health of animals
and quality of their products. D.Durand et al. in: Indicators of milk
and beef quality, 2005 |
viande bovine :
la composition des matières grasses et des
protéines peut être influencée par
l'alimentation. |
enrichir la viande en "bonnes graisses" , en l'occurence en acides gras oméga-3 |
- alimentation à base d'herbe
- addition d'huiles (lin et tournesol) dans l'alimentation |
| viande de porc |
- produire une viande maigre,
- améliorer la composition en acides gras, pour protéger des maladies des artères |
- la sélection génétique
- l'alimentation en quantité et en qualité
- la rémunération, le porc étant rémunéré en fonction du taux de viande maigre (TVM)
- dans certains cas (Suisse) la viande est aussi rémunérée en fonction de sa composition en acides gras |
Les races anciennes, locales
ont une vitesse de croissance moins élevée et elles ont
davantage de gras. Ces races anciennes sont parfois
élevées en plein air, et abattues beaucoup plus tard que
les races standard. Soutenir ce mode d'élevage naturel
signifie alors d'accepter un lard plus épais et davantage de
gras. N.B.: l'alimentation en forêt par les glands est
très énergétique. - On peut aussi voir
davantage de gras en agriculture biologique, ou pour tout porc qui a la
chance de pouvoir sortir, y compris en hiver. - C'est toujours aussi une
question d'équilibre de l'alimentation, plus difficile à
atteindre en bio, vu le cahier des charges restrictif.
La recherche d'un maximum de viande maigre
sur la carcasse a conduit à une moindre qualité du
muscle, et à des animaux moins résistants. Cette
sélection est allée de pair avec d'importants gains de
poids journaliers, bref, c'est le système industriel. Ces
animaux sont moins aptes à un élevage extensif que les races locales anciennes.
En ce qui concerne l'enrichissement de la viande en acides gras essentiels,
bons pour la santé, il faut distinguer entre le gras
intramusculaire et le tissu gras (adipeux). La composition en acides
gras et les effets d'une alimentation ciblée ne sont pas les
mêmes sur les deux types de tissus, et même sur
différents types de muscles. Les effets sont complexes et
ambivalents. Ainsi un porc plus gras aura un meilleur rapport
oméga-6 / oméga-3. Un taux croissant d'acides gras
insaturés peut aussi induire des problèmes d'oxydation et
une mauvaise qualité du gras pour les transformateurs.
Toujours est-il que l'engraissement en plein air augmente les acides gras poly-instaurés oméga-6 et oméga-3.
L'exigence
du "moins gras" conduit à rationner les porcs mâles
(castrés) à la fin de leur courte vie. Cependant des
mâles entiers ont un taux plus élevé d'acides gras
poly-insaturés (encore un bon argument contre la castration !), mais sans que le rapport 6 / 3 ne baisse.
L'Université de Missouri-Columbia a créé un porc
cloné transgénique dont la viande contiendrait 3
fois plus d'acides gras oméga-3 et 23 % de moins
d'oméga-6.
( source http://www.futura-sciences.com/news-porc-transgenique)
|
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Les comportements et les industries alimentaires de la civilisation occidentale rendent malades...
... et en réponse, on cherche à modifier
la composition des tissus vivants des animaux !
Est-ce une réponse pertinente ??
On
mange trop, on mange déséquilibré, on succombe
à la publicité de l'industrie agro-alimentaire et
notamment aux tentations du grignotage et des sucres à
absorption rapide... ce qui est avant tout un problème
psychologique et comportemental, lié au besoin de plaisir (sans effort).
-
Après avoir donné des farines animales aux bovins on va
leur donner des huiles...
-
On prive les poules d'une alimentation
naturelle et spontanée, mais on cherche à imiter, dans des cages batteries, une
qualité "naturelle"...
-
Il faut que les porcs industriels soient maigres...
Une autre réponse
aux mêmes problèmes de santé serait de manger MOINS
de viande, de fromage et de charcuterie (des portions plus petites), de
consommer davantage de protéines végétales ainsi
que des
huiles diverses et
appropriées, et surtout de bouger plus...
et ça ira très bien pour
la majorité entre nous (et quelques uns auront besoin de
régimes plus précis)!
La première priorité en
matière d'hygiène de vie serait de pratiquer davantage
d' exercice physique.
Les vrais problèmes, à l'origine de la malnutrition, ce sont la faim dans le monde,
l'injustice et les guerres, et le manque d'instruction.Que
la recherche trouve des solutions
abordables et durables, économes en énergie et en
intrants, riches en emplois paysans, pour nourrir et
rémunérer les plus pauvres. Diminuer les graisses dans
les viandes n'est qu'un souci de nantis.
On le sait fort bien. Bouger c'est la santé.
Et pourtant on prive tant d'animaux d'élevage de mouvement.
Et une alimentation naturelle (herbe) est saine ! La science l'a redécouvert.
|
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|
La transgénèse au service de la qualité nutritionnelle?
Voici une liste de
manipulations génétiques faites chez l'animal
d'élevage pour modifier les qualités nutritionnelles (Source
: Fabienne Le Provost et al : Utilisation des animaux
transgéniques pour l'amélioration des productions
animales, in Biofutura, mars 2006):
- améliorer la digestibilité du lait
- induire une surproduction de certaines
protéines (transferrine, lysostaphine, lysozyme...) qui
modifient la flore intestinale du nouveau-né
- améliorer la nature des acides gras grâce à un gène de l'épinard
- inclure une lactase, ce qui permet de faire consommer du lait aux personnes intolérantes
- à terme gommer la variabilité de la composition de lait entre espèces
- à terme éliminer le côté allergisant
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Transgénèse en productions animales: avis critique
Est-ce que l'objectif premier de la transgénèse ne serait pas de rémunérer ceux qui la pratiquent ? On leur demande une "recherche appliquée".
La transgénèse coûte cher. Il faut alors se vendre, s'approprier une
plus-value sur les produits agricoles (viande, lait...), faire
croire en l'utilité de tels produits, à l'aide
d'arguments nutritionnels ("la santé n'a pas de prix", dit-on). Mais sont-ils utiles ?
La réponse implique un choix : le choix d'un modèle agricole. Qui voulons-nous rémunérer ?
- le manipulateur du vivantqui
veut nous faire croire qu'il fait partie d'une agriculture
compétitive ? Qui veut nous faire croire qu'une agriculture
non industrielle, à visage humain, où l'agriculteur
connait et respecte ses animaux, les laisse bouger et vivre une vie qui
vaut la peine d'être vécue, serait "trop chère"?
Mais qui se sert de génomique pour sélectionner des
viandes plus tendres et de transgénèse pour que les
porcs excrètent moins de phosphore...
- ou, justement, l'agriculteur qui aime et respecte ses animaux, qui les laisse sortir au plein air, qui veille à leur bien-être et à la protection de l'environnement ?
Que voulons-nous :
- du lait modifié par transgénèse,
pour améliorer la protection contre les infections des
bébés mammifères sevrés contre nature pour
des raisons "zootechniques" ?
- ou
laisser les bébés mammifères auprès de leur
mère pour profiter de la protection naturelle par un allaitement naturel ?
Que voulons-nous :
- des animaux sélectionnés ou modifiés par transgénèse dans le but affiché d'"améliorer leur bien-être" ? (agir sur le gène de la peur, de l'agressivité.... c'est spéculatif !)
- ou améliorer le bien-être des animaux par un logement confortable, des sorties au plein air, et un groupe social adapté et bien conduit ?
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